Vous avez déjà joué au poker contre le diable ? Non ? Expérience très intéressante...
Il y a quelque temps, j'ai joué un sit'n go auquel participaient, entre autres, Pascal PP The Bandit Perrault ainsi que sa femme Lise Pink Lady Vigezzi, et j'ai eu la chance d'arriver au tête à tête final et de me retrouver face à Pascal Perrault. Au bout de quelques mains, cela ne faisait plus aucun doute pour moi, le diable ne s'habillait pas en Prada, mais en Perrault !! Je le lui ai d'ailleurs dit à un moment donné, et il a eu l'air tout à fait d'accord avec moi.
Et un diable sacrément bavard. Oui, parce que lorsque vous jouez contre Pascal Perrault, eh bien il n'arrête pas de parler. Bon sang, un homme qui parle, qui parle, et une femme mutique en face qui essaie de se concentrer. Et je peux vous dire que c'est tout sauf facile !
C'est bien connu, la première arme du diable, c'est la manipulation, et j'en ai eu une belle démonstration. C'était la première fois que j'étais confrontée à une telle bataille psychologique, et cela m'a vraiment montré que le poker est avant tout cela : un jeu psychologique.
Alors, oui, mais l'arsenal diabolique, quel est-il précisément ?
Eh bien, plein de petites phrases comme : "Ah, là, je vois que tu n'aimes pas ta main", "Je sens que je vais faire tapis avec cette main", en me jetant un regard en coin pour guetter ma réaction, et plein d'autres encore. En fait, ce n'était pas tant le contenu qui était significatif que le fait qu'il n'arrêtait pas de parler, un flot ininterrompu de paroles. Tant et si bien qu'il devenait vraiment très difficile de se concentrer sans rien laisser paraître. C'est bien simple, à un moment donné, j'avais vraiment envie de lui dire, "mais chut à la fin !" Toutes proportions gardées, bien entendu, parce que Pascal Perrault est tout à fait charmant, cela m'a fait penser à Tony G, la machine à parler.
Bon, cela était d'autant plus énervant que j'ai bien cru pouvoir rapidement le battre : à un moment du tête à tête il ne lui restait plus beaucoup de jetons, et comme je voulais en finir, j'ai commis l'erreur de jouer avec des mains moyennes, pour à chaque fois me retrouver avec la plus mauvaise main, et par lui redonner beaucoup de jetons. Bonne leçon pour moi : ne jamais donner inutilement de jetons au diable... Surtout lorsqu'il vous dit, "Je n'ai besoin de doubler que deux fois et on est à égalité, ce serait dommage que tu perdes alors que tu es vraiment devant..." Enervant, non ?
En tout cas, cela m'a remis à l'esprit combien il est important de conserver son sang froid au poker, de ne pas tilter, et surtout de rester concentrée, quoi qu'il se passe à la table, et surtout, surtout, lorsqu'on joue contre le diable en personne...
Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on est en tête à tête avec le diable.
L'issue de la partie ? Eh bien sachez juste que le diable peut aussi s'accorder au féminin...