Et comme vous allez le voir, le King n'est pas en reste quand on en vient aux Queens...
Ce qui est frappant, je trouve, avec les gens de poker, c'est que beaucoup ont eu des parcours de vie sacrément riches. Prenez Bruno Fitoussi : parallèlement au poker, auquel il a commencé à jouer en terminale après avoir tâté du tarot et des échecs, il a mené des études d'architecture, puis a monté une maison de disques, tout en jouant au poker, principalement dans des parties "bourgeoises", en montant petit à petit de niveaux. Et à cette époque déjà, une grande partie de ses revenus provenaient du poker ! Il a ensuite revendu ses parts de la maison de disques et le poker a pris une part de plus en plus grande dans sa vie. Il a découvert l'existence des tournois de poker, est parti vivre à Londres, puis dans la mecque du jeu, Las Vegas, pendant un an, et a voyagé dans les casinos du monde entier.
Ensuite vient une deuxième, ou plutôt une vingtième, phase de vie, liée à son mariage. Il décide de se poser à Paris et découvre que les cercles de jeu parisiens sont quelque peu moribonds. Il propose alors à l'ACF d'ajouter le poker à leur panel de jeux déjà existants. Commence alors la grande aventure, et surtout l'immense expansion du poker à l'ACF telle qu'on la connaît aujourd'hui. Eh oui, c'est en grande partie grâce au King que l'on entend résonner des mots tels que "tapis", "check" ou couleur" à l'ACF !
Grâce à sa longue expérience du jeu, il a pu assister à l'évolution du nombre de joueuses : comme il le dit, il y a toujours eu des femmes qui jouent, mais très peu : 1 ou 2 % de femmes qui jouaient il y a quelques années, pour à peu près 3 à 4 % aujourd'hui. Ceci en live, et aussi bien en tournoi qu'en cash game.
Le nombre de professionnelles de poker ? Même pas 1 % en France. Aux Etats-Unis, c'est différent, on joue depuis plus longtemps, les joueuses professionnelles sont donc plus nombreuses : une dizaine de connues.
La meilleure joueuse au monde pour le King ? La grande Kathy Liebert.
Quant aux femmes qui jouent sur Internet, Bruno Fitoussi a sa propre analyse : comme vous le savez, on avance un chiffre de 30 % de joueuses sur Internet. Pour le King, les femmes ont gardé un statut de femmes au foyer, qui leur donne plus de charges et leur laisse moins de temps pour les loisirs. Elles ont également moins de moyens financiers et n'ont pas été habituées à jouer au poker. Et l'immense avantage d'Internet est que l'on n'a pas besoin de se déplacer. De plus, quand on se rend dans un casino, ça sent fort la testostérone, l'agressivité, le machisme, ce qui peut déranger certaines femmes, qui n'ont pas envie de se retrouver à une table où l'on reluque leur poitrine. Alors que pour d'autres, c'est un challenge.
En tout cas, les chiffres d'Internet prouvent que les femmes aiment autant le poker que les hommes. Et cela prendra un peu de temps, mais au bout du compte, il y aura sûrement autant de joueuses que de joueurs, surtout sur Internet.
Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que parmi toutes les joueuses, il y en a une qui a été sacrément chanceuse. Je veux bien sûr parler d'Isabelle Mercier. Le King et No Mercy se sont rencontrés à l'ACF et une grande amitié en a découlé, ainsi que d'innombrables discussions et parties. Elle est la seule personne à laquelle il a appris tout ce qu'il sait sur le poker. Et s'il est devenu le "parrain adoptif" d'Isabelle Mercier, c'est parce qu'elle était passionnée et qu'elle lui a fait sentir cette passion. Pour lui, elle est une excellente joueuse, meilleure que 99 % des joueurs français.
Le King est un sacré analyste. La preuve, son analyse des points faibles et des points forts des joueuses : tout d'abord, un constat, les joueuses manquent de "couilles", elles n'ont pas cette testostérone, cette volonté d'écraser l'adversaire. L'image d'Epinal est qu'elles ne bluffent pas beaucoup, ne rentrent pas dans beaucoup de coups, sont très prudentes. Mais elles ont des capacités d'écoute, plus d'empathie, sont davantage capables de sentir ce qui se passe à la table, sont plus malignes. Pour Bruno Fitoussi, une fois les indispensables bases techniques acquises, ce qui fait la différence, c'est la capacité de lecture du jeu de l'autre, de déguisement de son propre jeu, de trouver les maillons faibles à une table, et en cela, les femmes ont des avantages. Les femmes peuvent aussi tirer parti du fait qu'il y a des machos à la table de poker. Et enfin, il y a la séduction, qui est un outil que les femmes peuvent utiliser, mieux, qu'il serait très bête de ne pas utiliser puisque les hommes ne se privent pas d'utiliser toutes les armes à leur disposition.
Ses conseils aux joueuses ? En premier lieu, jouer pour se faire plaisir, s'amuser. Et si certaines sont tentées par l'aventure professionnelle, savoir que la compétition est rude. Le poker demande des années et des années d'expérience. Savoir aussi que si l'on gagne un tournoi tous les trente ans, c'est déjà très bien. Et enfin, pour gagner au poker, il ne faut pas avoir peur, sinon on est mort, et surtout, y mettre tout son coeur.
Bon, en tout cas, je suis jalouse, moi aussi je veux un parrain adoptif de poker, surtout si c'est un King...